Bonnes pratiques emailing

Pixels de suivi et recommandation de la CNIL : les réponses à vos questions

Nous vous apportons les réponses aux plus de 90 questions qui nous ont été posées lors de notre webinar du 22 octobre 2026, consacré au pixel de suivi dans les emails et aux recommandations de la CNIL sur son utilisation.
Image pour Pixels de suivi et recommandation de la CNIL : les réponses à vos questions

Le 22 octobre dernier, nous avons consacré un webinar à la recommandation de la CNIL sur les pixels de suivi dans les courriels, avec Laurent Garnier, expert en délivrabilité et conformité, et fondateur de l’agence IKUSITA. Vous avez été nombreux à poser des questions, souvent très concrètes, sur ce fameux pixel. C’est le signe que le sujet reste flou pour beaucoup d’expéditeurs, et demande donc des précisions.

Nous n’avons malheureusement pas pu répondre à l’ensemble de ces questions durant le webinar. C’est pourquoi cet article les reprend et y répond ici.

Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une situation particulière, rapprochez-vous de votre DPO ou d’un conseil. La CNIL dispose aussi d’un service pédagogique qui répond aux questions des organismes : n’hésitez pas à la solliciter pour les cas très spécifiques.

Le champ d’application des recommandations de la CNIL

C’est le thème qui a suscité le plus de questions : « Suis-je concerné par ces recommandations ? ». La réponse courte : oui ! La recommandation vise tous les organismes, publics ou privés (entreprises, associations, administrations, collectivités), ainsi que leurs prestataires techniques. Ce qui compte n’est ni votre statut, ni votre secteur, ni votre volume d’envoi, mais la finalité du pixel et le type d’email.

Q. Associations, newsletters éditoriales non commerciales, emails santé ou purement informatifs : sommes-nous exemptés ?

Non, il n’existe pas d’exemption par secteur ou par nature du contenu. La recommandation précise d’ailleurs que le consentement aux pixels peut être nécessaire même pour des emails qui n’exigent pas eux-mêmes de consentement, et cite la prospection caritative. Une newsletter d’information sans lien marketing reste concernée dès lors qu’elle contient un pixel servant à mesurer les ouvertures.

En revanche, la nature de la newsletter joue sur l’exemption de délivrabilité : selon la FAQ de la CNIL, une newsletter expressément demandée par l’abonné (consentement) peut bénéficier de l’exemption ; une newsletter envoyée au titre de la prospection « soft opt-in » (clients existants, sans opt-in) ne le peut pas. Pour les emails en lien avec la santé, la prudence est même renforcée, car les données associées peuvent révéler des informations sensibles.

Q. Qu’en est-il d’une société privée qui exerce une mission de service public ?

Elle est concernée comme les autres. La FAQ définit l’administration comme tout organisme, public ou privé, qui envoie des emails dans le cadre d’une mission de service public, principale ou accessoire. Les exemptions s’apprécient ensuite selon le type d’email (service demandé par l’usager, notification…) Comme l’a rappelé Laurent Garnier pendant le webinar, nous n’avons pas connaissance d’exception propre aux services publics ou aux associations.

Q. Indépendants en portage salarial, petits expéditeurs sans envoi de masse : sommes-nous concernés ?

Oui, s’il y a un pixel. Le texte ne prévoit aucun seuil de volume. Est responsable du traitement celui qui décide de l’envoi et de ses finalités, qu’il s’agisse d’une société, d’un indépendant ou d’une association. Le statut juridique (portage, micro-entreprise) ne change rien. À l’inverse, un email envoyé depuis une messagerie classique, sans outil de tracking, n’est pas concerné par cette recommandation.

Q. En B2B, y a-t-il une zone de flou ? Un lien d’opt-out peut-il remplacer l’opt-in au pixel ?

Le texte est clair sur un point : la prospection B2B peut être envoyée sans consentement préalable lorsqu’elle est en rapport avec la profession du destinataire, mais cette règle ne vaut pas pour le pixel. Les pixels servant à mesurer individuellement les ouvertures restent soumis au consentement. Un simple lien d’opposition (opt-out) ne remplace donc pas l’opt-in pour ces finalités.

Pour Laurent Garnier, ce n’est donc pas flou du tout : l’exception culturelle française de l’opt-out en B2B vaut pour l’envoi, pas pour le profilage. Et la loi n’interdit pas l’opt-in en B2B : d’expérience, aller chercher ce consentement donne de bien meilleurs résultats à terme.

Seule exception : le régime transitoire pour les adresses collectées avant le 14 avril 2026, qui permettait de continuer sur la base d’une information et d’un droit d’opposition, à condition d’avoir informé les destinataires entre le 14 avril et le 14 juillet 2026.

Q. En prospection B2B, faut-il intégrer une case à cocher dans chaque email ?

Non. Le consentement se recueille une fois (formulaire de collecte, ou email dédié menant à une page de choix), puis le choix est conservé. Ce qui doit figurer dans chaque email, c’est le lien de retrait du consentement en pied de page. Avec Mailjet, c’est le lien système « Préférences de suivi ».

Q. Et pour l’outbound (prospection à froid) ?

C’est le cas le plus contraint. Un email de prospection à froid n’a, par définition, pas été demandé par le destinataire : l’exemption de délivrabilité ne s’applique pas, et la FAQ de la CNIL précise que la prospection envoyée sans consentement préalable ne rend pas les pixels exemptés. En pratique : vous ne pouvez pas effectuer de suivi individuel des ouvertures sans consentement.

Q. Si nos CGV, acceptées et signées, prévoient l’envoi de la newsletter, devons-nous faire une action en plus ?

Tout dépend de la façon dont le consentement a été recueilli. Si, au moment de l’onboarding, le client a donné un consentement distinct au suivi (une case dédiée, et pas la seule acceptation des CGV), aucune action supplémentaire n’est nécessaire, si ce n’est de lui permettre ensuite de modifier son choix. En revanche, l’acceptation des CGV ne vaut pas consentement au tracking : le consentement au pixel doit être spécifique et distinct de celui à recevoir des emails. La recommandation rappelle aussi que « la seule présence d’une clause contractuelle » ne suffit pas à prouver le consentement.

Q. Quelle est la portée géographique du texte ? Y a-t-il des spécificités à l’international ?

La CNIL peut agir contre des expéditeurs établis en France, dans un autre pays de l’UE ou hors UE dès lors que les destinataires sont en France, et le mécanisme du « guichet unique » ne s’applique pas aux manquements à l’article 82. Ailleurs en Europe, les approches diffèrent : le Garante italien est plus strict et limite en général l’exemption aux statistiques globales anonymisées. Pour des envois multi-pays, le plus simple est d’appliquer la règle la plus stricte à l’ensemble de vos envois européens. Hors UE, d’autres textes s’appliquent (PECR au Royaume-Uni, LCAP au Canada, CAN-SPAM aux États-Unis).

Q. Certains outils d’emailing ne se sont pas mis en conformité. Sont-ils obligés de le faire ?

La responsabilité principale pèse sur l’expéditeur, responsable du traitement, quel que soit l’outil utilisé. Le routeur agit en principe comme sous-traitant (article 28 du RGPD), voire comme responsable conjoint s’il utilise les pixels pour ses propres finalités. Concrètement, si votre outil ne permet pas de recueillir et d’appliquer les choix des destinataires, c’est à vous de compenser (désactivation du suivi, suivi anonyme) ou de changer d’outil.

La recommandation ne vise pas directement les liens traçants, mais la FAQ de la CNIL indique qu’ils impliquent eux aussi une lecture/écriture sur le terminal : l’article 82 de la loi Informatique et Liberté, et le RGPD s’appliquent et les mêmes principes permettent d’évaluer leur conformité. Les liens strictement nécessaires (par exemple un lien sécurisé et unique de retrait du consentement) sont exemptés. Le suivi individuel des clics à des fins de mesure relève, lui, de la même logique que le pixel. C’est pourquoi Mailjet gère séparément le consentement au suivi des ouvertures et celui des clics.

C’est aujourd’hui une zone grise, comme l’a souligné Laurent Garnier : la recommandation ne porte que sur le pixel, mais la FAQ du 22 juillet rattache les liens traçants à la même réglementation, et la CNIL pourrait publier une recommandation spécifique. Les liens de désabonnement et de retrait du consentement, eux, sont exemptés. Plus largement, le pixel n’est qu’un exemple : tous les traceurs servant au profilage, quel que soit le canal (email, RCS…), relèvent de la directive ePrivacy. Prudence, donc, en attendant que la CNIL se prononce.

Q. Quel risque pour une association ? L’amende de 4 % du CA paraît peu dissuasive…

Les plafonds de sanction ne s’expriment pas seulement en pourcentage du chiffre d’affaires : ils comportent aussi un montant fixe (jusqu’à 20 M€ pour les manquements les plus graves au RGPD), retenu lorsqu’il est plus élevé. Une structure à faible chiffre d’affaires n’est donc pas à l’abri. La CNIL a annoncé un accompagnement puis des contrôles, et une mise en demeure publique peut avoir un coût d’image bien supérieur à l’amende. Comme rappelé en ouverture du webinar, la CNIL contrôle de plus en plus les PME depuis 2022, et plus seulement les grands groupes : toute structure peut être inspectée.

Recueillir le consentement dans vos formulaires

La CNIL recommande de recueillir le consentement au moment de la collecte de l’adresse. C’est la modalité la plus simple et la plus fiable.

Q. Indiquer dans le texte du formulaire que l’utilisateur accepte le pixel, ou mettre une case avec un lien vers la politique de confidentialité, est-ce suffisant ?

Non. Une simple mention ne suffit pas : le consentement doit résulter d’une action positive et l’inactivité vaut refus. Une case avec seulement un lien vers la politique de confidentialité ne suffit pas non plus. Comme l’a précisé Laurent Garnier, c’est une question de transparence : la finalité doit être affichée en premier lieu, à côté de la case, et la politique de confidentialité vient en complément.

Le cas le plus simple a été rappelé par le sondage du webinar : il faut au moins deux cases, une pour l’abonnement aux emails, une pour le suivi.

Ce qu’il faut faire (et ne pas faire) dans un formulaire :
– À faire : des consentements distincts pour recevoir les emails et pour être suivi ; expliquer pourquoi les ouvertures et clics sont suivis ; un lien vers la politique de confidentialité ; pouvoir arrêter le suivi sans se désabonner.
– À éviter : une seule case « J’accepte de recevoir vos emails » qui vaudrait aussi pour le suivi ; une case pré-cochée ; inclure le profilage cross-canal dans le même consentement ; présenter le consentement comme définitif (il est révocable à tout moment).

Q. Une case unique pour tout est-elle possible ?

Oui, dans un cas précis. La recommandation l’autorise quand la prospection est expressément présentée comme personnalisée : le consentement aux emails et aux pixels qui servent directement à cette personnalisation (contenu, fréquence) peut alors être recueilli en une seule fois. C’est ce que la CNIL appelle des finalités connexes. Il y a trois conditions pour que cela tienne :

  • Le wording doit dire clairement que la newsletter est personnalisée grâce au suivi des ouvertures et des clics ;
  • Un centre de préférences doit permettre ensuite de décocher séparément chaque option ;
  • D’autres canaux (SMS, par exemple) ne peuvent pas être regroupés dans la même case : ce ne sont pas des finalités connexes.

Comme cela a été dit durant le webinar : « une case séparée n’est pas toujours obligatoire, tout dépend des finalités et du wording du consentement ». En cas de doute, deux cases restent la solution la plus sûre.

Q. Quels éléments intégrer dans un formulaire avec deux cases ?

Les bonnes pratiques à suivre sont les suivantes :

  • Une case dédiée au consentement de l’envoi d’emails, non pré-cochée ;
  • Une case dédiée au suivi, non pré-cochée ;
  • Un intitulé court et un bref descriptif de chaque finalité visibles immédiatement (par exemple « Mesure de l’ouverture de nos emails ») ;
  • Un lien vers les détails des mesures (politique de confidentialité) ;
  • La mention de l’adresse concernée et du fait que le suivi s’appliquera sur tous les appareils où elle est consultée.

Q. Comment ajouter le choix du suivi dans un formulaire Mailjet ? Peut-on avoir un mode d’emploi ?

Vous trouverez toutes les informations pratiques dans notre documentation. Mais dans les grandes lignes, lorsque vous êtes dans l’éditeur de formulaires de Mailjet :

  1. Ouvrez votre formulaire dans l’éditeur.
  2. Ajoutez un champ Radio ou Liste déroulante.
  3. Reliez-le à la propriété « Open tracking consent » (consentement au suivi des ouvertures) et/ou « Click tracking consent » (suivi des clics).
  4. Proposez deux choix clairs (accepter / refuser), sans pré-sélectionner l’option positive.
  5. Activez « Champ obligatoire » pour chaque champ de suivi.
  6. Ajoutez un court texte explicatif sur l’usage du suivi.
  7. Publiez le formulaire (code widget sur votre site ou page d’atterrissage Mailjet).

Les formulaires Mailjet intègrent donc nativement la case d’autorisation du suivi. La fonctionnalité de consentement au tracking est disponible sur tous les abonnements, y compris gratuit.

Q. Le formulaire doit-il être fait dans Mailjet, ou peut-on utiliser un outil externe ?

Un outil externe (site, CMS, CRM, outil de formulaires) convient parfaitement. Il faut alors remonter le choix dans Mailjet en renseignant les deux propriétés de consentement (par import, synchronisation ou API, et conserver la preuve du recueil de votre côté : date, source, texte présenté, choix exprimé.

La recommandation ne traite pas expressément ce cas, mais elle rappelle que le consentement n’est valide que si le destinataire peut exercer librement son choix. Rendre le tracking obligatoire pour s’abonner fragilise fortement la validité du consentement. Nous vous conseillons plutôt de proposer l’inscription avec un choix libre sur le suivi.

Q. Mailjet propose-t-il un bouton dans les newsletters pour refuser les pixels ?

Oui. Dans l’éditeur d’emails, ajoutez un bouton ou un texte, cliquez sur l’icône de lien, puis « Sélectionner un lien système » et choisissez « Préférences de suivi » (Tracking preferences). Ce lien ouvre une page hébergée par Mailjet où le contact règle séparément le suivi des ouvertures et des clics, puis clique sur « Enregistrer les préférences ». Cette page n’est pas personnalisable, et modifier ses préférences de suivi ne désabonne pas le contact.

Informer et solliciter vos contacts existants

Le calendrier à retenir :
– 14 avril 2026 : publication de la recommandation. Pour toute adresse collectée à partir de cette date, les règles s’appliquent immédiatement.
– 14 juillet 2026 : fin du délai de 3 mois pour informer les contacts collectés avant le 14 avril et leur permettre de s’opposer. Une prolongation raisonnable est admise en cas de difficultés objectives et documentées (taille de la base, délivrabilité).
– Après le 14 juillet 2026, si l’information n’a pas été faite, le consentement est en principe requis, sinon les pixels soumis à consentement doivent être arrêtés.

Q. Quelle communication envoyer à notre base pour être conforme : opt-in, opt-out, notification ? Cela dépend-il de la date d’entrée en base ?

Oui, cela dépend de la date de collecte et de ce que vous avez déjà fait :

  • Contacts collectés après le 14 avril 2026 : consentement (opt-in) au moment de la collecte.
  • Contacts antérieurs, informés avant le 14 juillet avec possibilité de s’opposer : vous pouvez continuer à utiliser les pixels pour ceux qui ne se sont pas opposés, avec le lien de retrait dans chaque email.
  • Contacts antérieurs non informés à temps : il faut désormais un consentement (opt-in). En attendant, passez ces contacts en suivi anonyme ou désactivé.

Q. Nous n’avons pas envoyé l’email d’information dans les délais. Que faire aujourd’hui ?

Le message du webinar est clair : mieux vaut tard que jamais. Beaucoup d’expéditeurs sont dans ce cas, souvent parce que leur plateforme n’était pas prête à gérer deux populations. Le délai est passé côté français ; en Italie, le Garante laissait encore jusqu’à fin octobre. Les experts du webinar recommandent au minimum d’informer dès maintenant toute la base collectée avant le 14 avril (finalités du pixel et possibilité de s’opposer) et de garder la preuve de cet envoi. En toute rigueur, la FAQ de la CNIL indique qu’après le délai le consentement est en principe requis. La démarche la plus sûre combine donc les deux :

  1. Arrêtez le suivi individuel pour ces contacts.
  2. Lancez une campagne de demande de consentement : un email sans pixel soumis à consentement, qui renvoie vers une page où le contact choisit par une action positive (clic sur un bouton).
  3. Enregistrez les réponses et considérez l’absence de réponse comme un refus.
  4. Ajoutez le lien « Préférences de suivi » dans le pied de page de tous vos emails.

La FAQ précise qu’après un refus ou une absence de réponse, ne pas relancer pendant six mois est une bonne pratique : solliciter trop souvent pourrait vicier la liberté du consentement.

Q. Notre organisation a informé sa base, mais sans proposer d’opt-out. Faut-il recommencer ?

Le régime transitoire reposait sur deux conditions : une information claire et la possibilité de s’opposer facilement. Si la seconde manquait, la condition n’est pas pleinement remplie. L’approche la plus sûre est de traiter ces contacts comme « non informés à temps » : ajouter dès maintenant le lien de préférences de suivi dans chaque email et solliciter leur consentement. Conservez une trace de l’information déjà envoyée, qui montre votre démarche de bonne foi.

Q. Le message sur les pixels doit-il être un email dédié, ou peut-on l’intégrer à une newsletter ?

Ni la recommandation ni la FAQ ne tranchent explicitement : elles exigent une information « claire et accessible ». Mais mieux vaut un email séparé, consacré à cette seule question. Vous garantissez ainsi que l’information n’est pas noyée parmi d’autres articles, et la preuve de l’envoi est plus simple à apporter. Une mention en pied de page d’une newsletter remplit difficilement le critère de clarté.

Attention : un email (dédié ou non) qui demande le consentement ne doit contenir aucun pixel soumis à consentement. Le clic sur le lien ne vaut pas consentement à lui seul : il doit mener à une page où la personne confirme par une action positive, pour éviter les faux clics des systèmes de sécurité.

Q. L’email d’information est-il obligatoire, ou le lien « Préférences de suivi » en bas de l’email suffit-il ?

Ce sont deux choses différentes. Le lien de pied de page est l’outil de retrait, obligatoire dans chaque email. Il ne remplace pas l’information (pour le régime transitoire) ni la demande de consentement (pour les autres cas).

Q. Si je désactive tous les pixels, dois-je informer mes destinataires de leur ancienne présence ?

La recommandation ne prévoit pas d’information spécifique dans ce cas. Deux points restent à traiter : supprimer les données individuelles collectées sans base légale, et mettre à jour votre politique de confidentialité pour qu’elle décrive la situation réelle. Si vous choisissez de ne pas profiler, le webinar conseille de le dire explicitement dans la politique de confidentialité : vos contacts comprendront pourquoi on ne leur demande pas leur consentement. Notez aussi que les réglages Mailjet s’appliquent aux emails générés après le changement : les emails déjà envoyés ne sont pas modifiés.

Q. Après avoir anonymisé le suivi, une communication est-elle obligatoire ? Faut-il quand même proposer le choix ?

Si vous ne faites plus que des statistiques effectivement anonymisées et agrégées, et uniquement sur des emails expressément demandés, aucun consentement n’est requis. La CNIL recommande néanmoins, à titre de bonne pratique, d’informer de l’existence de ces pixels (par exemple dans la politique de confidentialité). Proposer le choix reste utile si vous voulez conserver un suivi individuel pour les contacts qui l’acceptent.

Q. Y a-t-il des emails types pour informer nos destinataires et recueillir leur choix ?

La CNIL ne fournit pas de modèle. Voici une trame que vous pouvez adapter (à envoyer sans pixel soumis à consentement) :

Modèle d’email de demande de consentement
Objet : Vos préférences de suivi pour nos emails
Corps de l’email :
Bonjour,
Pour améliorer nos emails, nous utilisons des éléments techniques appelés « pixels de suivi » et des liens de suivi. Ces éléments nous permettent de savoir qui a ouvert l’email, et à quel moment, ou sur quel lien vous avez pu cliquer.
Ce suivi concerne l’adresse [adresse email] sur tous les appareils où vous consultez vos emails. Vous êtes libre d’accepter ou de refuser que nous utilisions ces technologies dans les messages que nous vous envoyons : cela ne change rien à votre abonnement. Vous pourrez modifier ce choix à tout moment grâce au lien « Préférences de suivi » présent en bas de chacun de nos emails.
[Bouton d’appel à l’action : Je fais mon choix] → page avec deux options « J’accepte » / « Je refuse »
Pour en savoir plus : [lien vers la politique de confidentialité]

Q. Les désinscriptions seront-elles compatibles avec mon CRM ?

Les préférences de suivi sont stockées dans Mailjet, sur la fiche contact, indépendamment de l’abonnement géré par votre boutique. Elles s’appliquent donc à tout email envoyé via Mailjet. En revanche, la remontée de ces préférences vers le CRM (et inversement) dépend du module d’intégration utilisé.

Q. Pouvez-vous confirmer les étapes de mise en conformité pour une structure qui ne l’est pas encore ?

Voici les étapes à suivre avec Mailjet :

  1. Paramétrez Mailjet : décidez du niveau de suivi du compte (activé, anonyme ou désactivé) et renseignez le consentement des contacts connus.
  2. Envoyez une demande de consentement à la base existante (le délai de simple information étant passé), sans pixel soumis à consentement.
  3. Modifiez vos formulaires d’inscription pour y ajouter le choix du suivi.
  4. Ajoutez le lien « Préférences de suivi » dans le pied de page de tous les emails (marketing et transactionnels).
  5. Mettez à jour votre politique de confidentialité.

Une base distincte n’est pas nécessaire : Mailjet applique automatiquement le choix de chaque contact au moment de l’envoi.

Politique de confidentialité et information

Q. Que faut-il mettre à jour dans sa politique de confidentialité ?

Au minimum :

  • La présence de pixels (et de liens traçants) dans vos emails, et leur fonctionnement en quelques mots ;
  • Chaque finalité, avec un intitulé court et une description : mesure d’audience, personnalisation, délivrabilité, sécurité… ;
  • La base légale de chaque finalité (consentement, ou exemption pour la délivrabilité et la sécurité) ;
  • Les données collectées et leur durée de conservation ;
  • Les destinataires, notamment votre routeur en tant que sous-traitant ;
  • La manière de retirer son consentement (lien en pied de chaque email) et d’exercer ses droits.

La CNIL recommande aussi de mentionner les pixels exemptés, même si la loi ne l’impose pas. Et si vous faites le choix de ne pas profiler via le pixel, dites-le : précisez que vous n’effectuez pas de suivi individuel et que vous vous limitez à l’exemption de délivrabilité.

Q. Mailjet donne-t-il la durée de conservation liée au pixel ?

C’est à vous, responsable du traitement, de fixer et d’indiquer les durées de conservation, en cohérence avec votre contrat de sous-traitance (DPA) avec Mailjet. Le repère donné pendant le webinar : les données de suivi se conservent jusqu’à la fin de l’activité du compte de la personne ; dès qu’elle se désabonne ou se désinscrit, vous n’avez plus à les stocker. Pour l’exemption délivrabilité, la CNIL ne fixe pas de durée mais limite les données à la seule date de dernière ouverture, remplacée à chaque nouvelle ouverture. Pour la preuve du consentement, aucune durée n’est imposée ; l’usage cité par les praticiens est de 5 ans (prescription civile), à condition de le justifier et de l’appliquer réellement.

Q. Comment créer la page d’information sur les pixels via Mailjet ?

La page « Préférences de suivi » hébergée par Mailjet sert à exprimer un choix ; elle n’est pas personnalisable. L’information détaillée doit se trouver sur votre site (politique de confidentialité ou page dédiée). Vous pouvez aussi utiliser une landing page Mailjet qui contient l’explication et le formulaire de choix.

Gérer le consentement dans Mailjet

Oui, Mailjet permet aujourd’hui d’enregistrer et d’appliquer le refus du suivi. Voici comment cela fonctionne.

Comment Mailjet gère le consentement
– Réglage du compte (Compte → Tracking) : « Suivi des ouvertures » et « Suivi des clics », chacun Activé, Anonyme ou Désactivé. Il s’applique aux emails transactionnels et aux campagnes.
– Préférence du contact : deux propriétés système, « Open tracking consent » (export : mjoptinopen) et « Click tracking consent » (mjoptinclick). Valeurs : 1 = Opt-in, 0 = Opt-out, vide = Non renseigné.
– Règle clé : le réglage du compte est le plafond ; la préférence du contact ne peut que réduire le suivi. Mailjet l’applique automatiquement à la génération de chaque email.
– Le mode anonyme est disponible à partir de l’abonnement Starter (pas sur le plan gratuit).

Q. Que se passe-t-il pour un contact qui refuse le suivi ? Faut-il deux newsletters, ou des listes distinctes ?

Une seule liste suffit : pas besoin de segments ni de versions de campagne distinctes. Le contact continue de recevoir vos emails. Si le suivi du compte est « Activé » et que le contact a refusé, ses ouvertures sont traitées anonymement (ou le suivi est désactivé pour lui si le mode anonyme n’est pas disponible dans votre abonnement). Concrètement :

  • Il est compté dans les statistiques globales de la campagne ;
  • Il n’apparaît pas nominativement dans les onglets « Ouvert » et « Cliqué » ;
  • Il reste visible dans « Délivré », « Désabonné » et « Spam » ;
  • Il sort des segments, du scoring, des automatisations et de la détection des inactifs fondés sur les ouvertures et les clics.

Q. Comment répartir automatiquement les contacts selon leur choix : accepté, refusé, sans réponse ?

La répartition est portée par la propriété de chaque contact, alimentée automatiquement par les formulaires Mailjet et le lien « Préférences de suivi ». Pour la visualiser, affichez les propriétés système dans une liste (« Afficher les propriétés ») ou exportez-la en CSV. Vous pouvez aussi créer des segments à des fins de pilotage, sans que ce soit nécessaire à l’envoi.

Q. La valeur « Non renseigné » permet-elle le suivi, ou vaut-elle refus ?

La préférence du contact ne peut que réduire le suivi : un contact « Non renseigné » suit donc le réglage du compte. Si votre compte est en « Activé », ces contacts sont suivis individuellement. Or, pour la CNIL, l’absence de réponse vaut refus. Pour les contacts dont le consentement est requis, deux solutions : passer leur propriété à 0 (cohérent avec la règle « silence = refus »), ou passer le compte en « Anonyme ».

Q. Les contacts sont-ils reliés automatiquement à leur consentement (avant et après avril 2026) ?

Non : Mailjet ne peut pas connaître des choix exprimés ailleurs. Pour les consentements collectés hors Mailjet, importez-les : import CSV ou manuel avec deux colonnes (1/0), à associer aux propriétés via « Associer les propriétés ». On peut aussi modifier un contact à l’unité (fiche contact → Propriétés du contact → « Gérer le consentement »). Mailjet rappelle de ne saisir une valeur que si elle reflète un choix réel du contact, et de ne jamais repasser un refus en acceptation sans nouveau choix valable.

Q. Mailjet permet-il de recueillir le consentement et de le conserver conformément à la recommandation ?

Mailjet recueille le choix (formulaires, lien de préférences), le stocke sur la fiche contact et l’applique. La preuve du consentement reste de la responsabilité de l’expéditeur : la CNIL demande de pouvoir la démontrer, de préférence individuellement. Conservez la date, la source, le texte présenté et le choix.

Q. Quand une personne retire son consentement, faut-il supprimer l’historique de tracking ? Comment faire avec Mailjet ?

Selon la FAQ de la CNIL, après un retrait il faut cesser d’utiliser les pixels, ignorer les ouvertures provenant d’emails déjà envoyés liées à ce contact, et supprimer les données, sauf autre base légale. Dans Mailjet, le changement de préférence s’applique aux emails générés ensuite. À défaut d’une fonction dédiée, la demande de suppression peut passer par le support ou par la suppression des données du contact.

Q. Dans les paramètres du compte, doit-on désormais choisir « Anonyme » pour le suivi des ouvertures ?

Pas forcément. Vous pouvez adopter l’une de ces deux stratégies :

  • Compte « Activé » + préférences par contact : vous gardez le suivi individuel pour ceux qui ont accepté. C’est le bon choix si vous recueillez les consentements.
  • Compte « Anonyme » : plus personne n’est suivi individuellement. C’est la solution la plus simple pour être prudent, mais vous perdez aussi les fonctions basées sur l’activité individuelle (segments, automatisations, détection des inactifs).

Q. Peut-on désactiver le pixel ? Cela supprime-t-il les données de suivi ?

Oui : si vous choisissez « Désactivé », aucun pixel n’est ajouté et vous ne collectez plus aucune information d’ouverture ni d’horodatage. Le réglage peut prendre jusqu’à 10 minutes et ne concerne que les emails envoyés ensuite. C’est un choix possible, même en renonçant à l’exemption de délivrabilité, mais vous devenez « un peu aveugle » sur la délivrabilité de vos envois.

Q. Peut-on activer le suivi pour une partie des envois et y renoncer pour d’autres ? Et avec des sous-comptes ?

Aujourd’hui, le réglage se fait au niveau du compte principal et s’applique à toutes les clés API et sous-comptes, pour les emails transactionnels comme pour les campagnes. Le consentement est porté par le contact, pas par la campagne. Dans les semaines à venir, Mailjet proposera des paramètres de suivi par sous-compte (à partir du plan Premium), qui permettront de différencier les réglages par activité, pays ou besoin de conformité.

Q. Fournissez-vous le lien de consentement ? L’API Mailjet est-elle conforme ?

Oui pour le lien : c’est le lien système « Préférences de suivi ». L’API est un canal d’envoi : sa « conformité » dépend de l’usage que vous en faites. Les réglages de suivi du compte s’appliquent aussi aux envois par API, et la préférence de chaque contact est respectée. Pour alimenter les propriétés de consentement par programme, référez-vous à la documentation développeurs (dev.mailjet.com).

CRM, CMS et outils tiers

Q. Comment gérer une base avec consentement quand on utilise Mailjet et un CRM ?

Désignez une source de vérité pour le consentement (souvent le CRM), puis synchronisez les deux propriétés vers Mailjet (connecteur, import planifié ou API). Mais pensez également au fait que les choix exprimés dans Mailjet (lien « Préférences de suivi », formulaires Mailjet) doivent aussi remonter vers le CRM, sinon une synchronisation ultérieure risque d’écraser un refus.

Q. Si les emails sont pilotés par un CMS puis envoyés via Mailjet, qui gère le désabonnement du pixel ?

Mailjet peut jouer ce rôle « en surcouche » : il applique la préférence du contact à chaque email qu’il génère, quelle que soit l’origine de l’envoi. Il faut en revanche que le lien de retrait figure dans les emails : il est facile à mettre en place dans l’éditeur Mailjet (lien système) ; pensez à vérifier si le HTML est produit par votre CMS.

Côté Mailjet, le ciblage est géré nativement : aucune segmentation n’est nécessaire pour respecter le choix de chacun. Le travail restant porte sur la synchronisation des consentements avec le CRM, décrite ci-dessus.

Emails transactionnels et contractuels

Q. Comment faire si on envoie à la fois des emails transactionnels et marketing, et qu’on veut suivre les ouvertures des transactionnels ?

On demande rarement d’accepter les emails transactionnels : ils découlent du contrat ou d’une action du destinataire. Mais recevoir un email transactionnel ne vaut pas consentement au suivi de son ouverture. Les transactionnels bénéficient des exemptions délivrabilité et sécurité, mais mesurer leur taux d’ouverture à des fins d’analyse nécessite un consentement, comme pour le marketing.

Côté CNIL, le consentement peut être lié à l’adresse email pour tous les types d’envois, ou différencié par catégorie si c’est utile. Côté Mailjet, la préférence est aujourd’hui portée par le contact pour tous les envois, transactionnels et campagnes marketing : un opt-out vaut pour l’ensemble. Les paramètres par sous-compte annoncés permettront de séparer les activités.

Rappel de la FAQ de la CNIL sur ce qui compte comme transactionnel : confirmations d’achat ou d’abonnement sans contenu promotionnel, renouvellements d’abonnement, notifications légales de modification du service. Les relances de panier abandonné ne sont pas transactionnelles : elles sont promotionnelles et requièrent un consentement.

Le critère à retenir est le suivant : rester sur la notion d’email serviciel, où il faut vérifier que la demande a bien été prise en charge ou que le message est bien arrivé. Une confirmation d’achat est exemptée. Les communications liées à la sécurité des comptes sont exemptées. Exemple : une banque qui alerte ses clients après une faille de sécurité doit savoir qui a ouvert le message pour relancer les autres. Mais un email de bienvenue, même déclenché par l’inscription, a souvent une visée marketing : il vaut mieux alors avoir le consentement au pixel.

Q. Quelles sont les obligations RGPD pour les emails liés à l’exécution d’un contrat ?

L’envoi lui-même repose en général sur l’exécution du contrat. Pour le pixel, ces emails, nécessaires à la relation contractuelle ou au service demandé, peuvent bénéficier de l’exemption délivrabilité : seule la date de dernière ouverture, à la journée, est conservée. Toute autre exploitation (mesure, statistiques individuelles, personnalisation) demande un consentement. N’y glissez pas de contenu promotionnel, sinon l’email perd son caractère transactionnel.

Q. Peut-on garder nominativement le pixel de délivrance pour se constituer une preuve en cas de litige ?

La recommandation de la CNIL admet un usage complémentaire de la trace d’ouverture pour « contribuer à démontrer le respect d’une obligation légale » d’information, mais toujours dans les limites de l’exemption de délivrabilité (date de dernière ouverture, à la journée). Un pixel reste par ailleurs une preuve fragile : les ouvertures automatiques (Apple Mail Privacy Protection, passerelles de sécurité) faussent le signal. Pour un enjeu probatoire réel, préférez un accusé de réception explicite ou une lettre recommandée électronique.

Q. Un email de questionnaire de satisfaction après une interaction avec nos équipes est-il concerné ?

Oui, s’il contient un pixel. Ce type d’email n’est pas explicitement listé parmi les emails de service. Il n’a généralement pas été demandé par le destinataire, ce qui rend l’exemption de délivrabilité discutable. Pour mesurer le taux d’ouverture de ces questionnaires, appliquez la règle générale : consentement, ou suivi anonyme. Le taux de réponse au questionnaire reste un bien meilleur indicateur.

Délivrabilité, anonymisation et pixel exempté

Les conditions de l’exemption « délivrabilité » :
– Finalité unique : diminuer la pression marketing (pas l’augmenter) ou arrêter les envois aux destinataires inactifs ; accessoirement, choisir un canal alternatif ou démontrer une obligation légale d’information. Dans ce cadre, la mesure d’audience agrégée et anonymisée reste possible.
– Données minimales : seule la date de la dernière ouverture connue, à la journée et sans l’heure, remplacée à chaque nouvelle ouverture. Pas d’IP ni de user-agent, même anonymisés ensuite.
– Emails concernés : uniquement ceux demandés par le destinataire ou liés à un service demandé (transactionnels, newsletter avec opt-in). Pas la prospection en soft opt-in.
– Pas de réutilisation marketing ou statistique.

Q. Si je n’utilise les pixels que pour un taux d’ouverture, sans profiler, suis-je conforme ?

Non : la recommandation cite expressément « l’analyse du taux d’ouverture des courriels pour mesurer et optimiser les performances » parmi les finalités soumises à consentement. L’absence de profilage ne suffit pas. Seules deux voies sans consentement sont possibles : l’exemption de délivrabilité (gestion des inactifs uniquement) ou des statistiques agrégées effectivement anonymisées.

Q. Les taux d’ouverture globaux restent-ils possibles, ou seulement ceux des contacts consentants ?

La FAQ de la CNIL admet la mesure de taux d’ouverture agrégés sans consentement, si les données sont effectivement anonymisées avant exploitation (l’anonymisation restant elle-même soumise au RGPD). C’est l’objet du mode anonyme de Mailjet : un pixel non individualisé, sans adresse ni horodatage associés. Les ouvertures des contacts non consentants sont comptées dans le taux d’ouverture total sans être rattachées à leur fiche.

Notez que ce n’est pas la nature des données qui pose problème, mais l’accès au terminal du destinataire. La CNIL rattache cette mesure d’audience au cadre de l’exemption de délivrabilité, donc aux communications expressément demandées (newsletter avec opt-in, emails de service). Pour un email de prospection (soft opt-in, B2B sans consentement), cette mesure agrégée n’est pas permise aujourd’hui sans consentement.

Q. Pourquoi proposer l’anonymisation si on ne peut pas être conforme aux dernières recommandations ? L’anonymisation exonère-t-elle du consentement ?

Le mode anonyme répond à la voie ouverte par la FAQ (statistiques agrégées) et à la position du Garante italien. Il exonère du consentement pour les emails expressément demandés, dans le cadre de l’exemption de délivrabilité. Il ne remplace pas le consentement pour le suivi individuel, ni pour les emails de prospection. Il permet en revanche de garder une vision globale des performances pour les contacts qui n’ont pas consenti. Le lien « Préférences de suivi » reste nécessaire dès que vous suivez individuellement une partie de vos contacts.

Q. Si c’est l’horodatage qui pose problème, ne peut-on pas garder un simple indicateur « a ouvert » sans date ni heure ?

La CNIL n’exclut pas toute date : elle autorise la date à la journée, sans l’heure (pas de « timestamp »), de la dernière ouverture. Un indicateur sans aucune date ne permettrait d’ailleurs pas de mesurer depuis combien de temps un contact est inactif. En contrepartie, vous perdez tout historique de réactivité. Le vrai sujet est donc la capacité de l’outil à ne conserver que cette donnée, et rien d’autre.

Q. Pourquoi la délivrabilité bénéficie-t-elle d’une exemption ?

Parce que l’hygiène de base est attendue par les fournisseurs de messagerie : Gmail, Microsoft ou Orange peuvent sanctionner un expéditeur qui sollicite massivement des comptes inactifs. C’est d’ailleurs une technique de spammeur : noyer un taux de plainte global dans une masse d’adresses qui ne réagiront pas. La profession a besoin d’identifier ces profils, d’où l’exemption obtenue après trois ans d’échanges avec la CNIL.

Q. Quelle est la meilleure stratégie de suivi de délivrabilité pour garder une base saine ?

Le pixel exempté, sur une newsletter à laquelle les destinataires se sont expressément abonnés, reste utile, surtout pour détecter un domaine de messagerie en défaut. Laurent Garnier recommande les points suivants :

  • Surveiller votre top 5 des domaines : en France, environ 80 % d’une base est concentrée sur cinq domaines de messagerie. Comparez le taux d’ouverture entre domaines (hors ouvertures Apple MPP) : un écart fort (par exemple 58 % chez l’un, 2 % chez un autre) signale un problème d’exposition, pas une différence d’audience. Engagez alors une médiation avec l’opérateur concerné.
  • Suivre l’attrition (désabonnements et plaintes) dans le temps. Une campagne marketing a toujours quelques désabonnements : si ce taux s’effondre ou tombe à zéro, c’est souvent un défaut d’exposition. Activez les boucles de rétroaction des opérateurs et Signal Spam.
  • Exploiter les logs SMTP pour typer les rebonds (temporaire, définitif, blocage) et mesurer le délai de remise par domaine, indicateur de la réputation perçue. Attention : des données personnelles peuvent y transiter, pensez à les anonymiser ou pseudonymiser.
  • Traiter les réponses : abandonnez les adresses noreply, utilisez une vraie boîte de réponse et un outil d’IA simple pour trier les messages (désinscription, changement d’adresse, question, intérêt produit). Une réponse prouve une vraie lecture, et la traiter évite des plaintes.
  • Recueillir le consentement de façon claire dès l’inscription, et mettre en place une politique de caducité pour les contacts sans aucun signal.

La FAQ précise enfin qu’une ouverture ne vaut pas « contact » au sens du cadre de la prospection : elle ne prolonge pas la durée de conservation d’un prospect.

Quels indicateurs suivre désormais ?

Le message du webinar tient en une phrase : moins de tracking individuel ne veut pas dire moins de mesure. La performance se lit avec un mix de signaux plus robustes. Le taux d’ouverture est de toute manière faussé depuis qu’Apple Mail Privacy Protection précharge les images à la réception. Il l’est aussi par les résumés générés par IA (Apple Intelligence, Gemini dans Gmail), qui permettent de lire un message sans déclencher le pixel. Il aide à repérer un problème de délivrabilité, mais plus vraiment de mesurer l’engagement.

Q. Si l’ouverture n’est plus un KPI fiable, pourquoi ne pas simplement enlever le suivi ?

C’est une option tout à fait légitime. Mais désactiver complètement le suivi a un coût opérationnel : plus de statistiques d’ouverture, plus d’automatisations fondées sur l’activité, plus de détection des inactifs. Le bon arbitrage dépend de l’usage réel que vous faites des ouvertures : faites l’inventaire avant de décider.

Q. Nous avons retiré le pixel en juillet, et nos taux d’ouverture baissent. Y a-t-il un lien ?

Très probablement, et c’est mécanique. Sans pixel, une ouverture ne peut être déduite que lorsque le contact clique : le taux affiché ne mesure plus les lectures, mais une petite partie d’entre elles. Cette baisse ne signifie donc pas que vos lecteurs se sont désintéressés. Comparez plutôt vos taux de clic et de conversion avant et après juillet.

Q. Les relances aux non-ouvreurs sont-elles encore pertinentes ?

De moins en moins. D’une part, Apple Mail Privacy Protection et les filtres de sécurité génèrent de fausses ouvertures. D’autre part, les contacts non consentants apparaissent comme « non-ouvreurs » alors qu’ils ont peut-être lu l’email : vous risquez de leur renvoyer un message déjà lu. Ces relances ne sont de toute façon possibles qu’auprès des contacts qui ont accepté le suivi. Préférez une relance aux non-cliqueurs consentants, ou un renvoi ciblé sur un objet différent.

Q. Quel élément suivre si le taux d’ouverture n’est plus fiable ?

Trois familles de signaux, présentées pendant le webinar :

  • Signaux emails : ouvertures agrégées (anonymisées ou consenties), clics, désabonnements, délivrabilité.
  • Données first party : préférences déclarées dans vos formulaires, clics authentifiés suivis jusqu’au CRM, activité sur le site, interactions client (réponses aux emails, contacts avec le support, échanges lors d’événements).
  • Résultats business : leads, conversions, achats, réservations.

Laurent Garnier propose de son côté 7 KPI, à piloter par domaine de messagerie plutôt qu’en taux global :

  1. Délivrance et rebonds typés (temporaire, définitif, blocage), issus des logs SMTP ;
  2. Délai de remise, indicateur de la réputation perçue par chaque opérateur ;
  3. Ouverture par domaine, sur la population consentante, hors MPP, lue en tendance ;
  4. Plaintes et désabonnements (boucles de rétroaction, Signal Spam, désabonnement en un clic) ;
  5. Taux de réponse ;
  6. Clic humain, une fois les robots filtrés (analyse de l’IP, des temps de clic, lien piège invisible) ;
  7. Conversions et interactions sur le site, en agrégé par campagne.

Attention à un point : si le webinar a présenté le clic comme non visé par la recommandation, mais la FAQ de la CNIL rattache les liens traçants à la même réglementation (voir partie 1). Suivre les clics de façon individuelle sans consentement relève donc d’une zone grise. Le clic reste un signal bien plus fort que l’ouverture.

Votre plan d’action en 8 étapes

  1. Cartographier vos pixels et liens traçants : qui les insère, pour quelle finalité, dans quels emails.
  2. Classer vos emails : transactionnels/demandés (exemptions possibles) ou prospection (consentement requis).
  3. Choisir le réglage du compte Mailjet : Activé avec préférences par contact, Anonyme ou Désactivé.
  4. Importer les consentements connus et passer à 0 les contacts dont le consentement est requis mais absent.
  5. Ajouter le choix du suivi à vos formulaires d’inscription (non pré-coché, distinct de l’abonnement).
  6. Insérer le lien « Préférences de suivi » dans le pied de page de tous vos modèles.
  7. Solliciter la base existante par un email sans pixel soumis à consentement, puis ne pas relancer les refus pendant 6 mois.
  8. Mettre à jour la politique de confidentialité, documenter vos choix et conserver les preuves de consentement.